
Ensuite vient pour les anarchistes la possibilité d’utiliser les moyens violents si cela est en accord avec leurs buts. Et là, je dis NON.
Je ne suis pas anarchiste.Je peux imaginer que, si je vivais dans une dictature ou un régime moins démocratique, je pourrais glisser dans l’anarchie.
Je ne crois en aucun dieu.
J’ai la chance énorme de vivre dans une démocratie, la démocratie suisse, qui est unique au monde. Et j’adore la voir fonctionner. A deux reprises, je l’ai mise en route et j’ai regardé, comme on pousse le premier domino et on regarde ce qui se passe : l’un pousse l’autre et tous tombent finalement.

Premier exemple :
protestation contre l’organisation des élections en 2002 dans mon village des Brenets (Suisse)
Je devais voter, je voulais voter. C’était dimanche, la date des élections était le dimanche suivant. Dans aucun des documents dont je disposais, il n’y avait une indication sur le nombre exact de sièges que je pouvais pourvoir en votant. Je savais qu’il y avait 23 sièges pour un village de 1 100 habitants et que ce nombre avait été réduit. A 21, à 19, à 17, je ne le savais pas, donc je ne pouvais pas voter valablement. J’ai écrit à la commune et j’ai envoyé une copie au Département au gouvernement cantonal, à un échelon plus haut.
En l’espace de 48 heures, le juriste cantonal a statué. Premièrement, ma lettre de protestation est assimilée à un recours. Deuxièmement, mon recours est acceptable car je suis domiciliée dans cette commune. Troisièmement, mon recours est rejeté car le nombre de 19 a paru dans la feuille officielle, organe du canton. Nul n’est sensé ignorer la loi et ce qui paraît dans la feuille officielle est considéré comme connu de tous.
Merveilleux ! La démocratie a fonctionné, j’ai provoqué une réaction, je la reconnais, je l’accepte.
Deuxième exemple :
l’affaire des hymnes.
En juin 2008 a eu lieu en Suisse le championnat de football de l’Union Européenne du Football Amateur (UEFA). Vu le contenu très agressif de certains hymnes, j’ai porté plainte contre l’UEFA car nous avons en Suisse une loi qui punit les incitations à la violence. Lors des matchs, les hymnes de diverses nations étaient chantés sur territoire suisse, donc la loi s’appliquait.
Ma plainte déposée, j’ai regardé les dominos tomber. En souriant. Le procureur cantonal a traité ma plainte. Il a statué en disant que le texte était en relation avec un contenu historique et ne constituait pas un appel à la violence ici et maintenant. Donc il a rejeté ma plainte.
Merveilleux ! La démocratie a fonctionné, j’ai provoqué une réaction, je la reconnais, je l’accepte. J’avais un droit de recours, je ne l’ai pas utilisé.
J’ai un profond respect pour la démocratie.Dans mon enseignement de l’instruction civique à des adolescents de 15 ans, j’ai toujours très clairement et en détails montré à mes élèves comment ils peuvent agir
LEGALEMENT pour s’exprimer : pétitions, manifestations, lettres de lecteurs dans la presse, distributions de tracts, participation aux parlements des jeunes, lobbyisme, grèves, jeûnes, boycotts, action politique dès l’âge de 18 ans, etc. Toujours dans le respect.